Le génome humain, un rôle dans l’évolution spirituelle ? |
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| Auteur : Fernand Schwarz Rencontre avec |
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Acropolis : Qu’est-ce que le génome humain ?
Tony Alzina : Le génome humain est la carte génétique de l’être humain et de tout être vivant Il est encore à l’étude. Il y a des millions de codes et des gènes qui ne sont pas encore parfaitement connus, bien qu’il existe de nombreuses équipes scientifiques en France, aux États-unis et notamment en Allemagne qui l’étudient.
A. : Quel est son rôle dans l’évolution de l’homme ?
T. A. : Nous, les médecins qui aimons la philosophie, imprégnés des connaissances traditionnelles, nous pensons que l’évolution n’est pas linéaire comme on le présente généralement depuis l’approche du matérialisme biologique et génétique de la science actuelle. En tout cas, l’évolution est plutôt un patrimoine qui concerne davantage l’âme et la psyché humaine que notre existence biologique. Cependant, il est évident que dans le cadre biologique, il y a aussi une évolution dans l’échelle des êtres vivants, qui il me semble, n’est pas le fait du hasard et ne dépend pas strictement de l’environnement, de l’écologie ou des circonstances, mais dépend plutôt d’autres causalités internes à l’être humain.
A. : Y-a-t-il eu des récentes découvertes sur le génome humain ?
T. A. : On a déjà détecté l’existence d’un second génome au niveau des membranes cellulaires, à propos duquel a été publié un rapport, il y a une vingtaine d’années. Et il est probable qu’il y ait davantage de génomes, plus en rapport avec les niveaux psychologique et mental. Le génome est une formule complète pour la partie biologique et avec certaines implications sur le plan psychique et mental, car on a relié certains gènes à certaines maladies psychosomatiques et psycho mentales.
A. : Dans l’évolution de l’homme, l’environnement intervient-il davantage que le côté génétique ? L’évolution génétique peut-elle être accidentelle ?
T. A. : Nous sommes en interrelation avec l’environnement proche et lointain qui est l’univers et dans ce sens, il y a une influence qui est réciproque. Mais cela est relatif et il dépend de chacun que cette influence soit majeure ou mineure. Jusqu’à maintenant, tout ce qui est biologique et par conséquent l’existence de l’être humain est une œuvre d’ingénierie, d’architecture et de biochimique si parfaite et mathématique que nous voyons comme impossible dans ce cadre que l’évolution soit accidentelle.
A. : L’ADN est-il le fruit du hasard ou de la sélection naturelle ? Peut-on parler d’une survie des plus aptes ?
T. A. : Si on pouvait parler de la survie des plus aptes, (les meilleurs en tout), il ne devrait pas y avoir autant de problèmes dans le monde ! Cependant, la sélection naturelle (1) doit exister et dans des conditions extrêmes où logiquement ne survivent que les plus forts (cas de famine, catastrophes naturelles ou guerres). L’ADN (2) est le support biologique qui contient tout l’héritage génétique de l’être humain, qui vient de tous ses ancêtres, y compris les animaux. Pour cela, le génome d’un être humain n’est pas si différent de celui d’un singe, d’un rat ou d’une mouche parmi lesquels, il y a plus de 90% de coïncidence. Donc, l’ADN ne peut être le fruit du hasard car tout est mathématiquement programmé. C’est l’intelligence humaine ou la part la plus subtile ou spirituelle de l’être humain qui choisit ce qu’elle deviendra, parmi les milliers de possibilités de l’ADN. D’une certaine manière cela pourrait être en rapport avec ce que l’Orient appelle la loi du karma. Selon les études que nous avons réalisées jusqu’à maintenant, il y a des gènes qui pourraient déterminer si un être humain a tendance à être agressif, assassin ou suicidaire. Donc, oui, l’ADN peut avoir une influence sur le plan moral, mais cela ne doit pas être une excuse ou un argument définitif pour justifier l’immoralité ou l’amoralité.
A. : Tout est-il programmé dans le génome humain ?
T. A. : Le génome humain fonctionne comme un ordinateur. Il peut posséder cinquante ou cent programmes mais on n’en utilise que quatre ou cinq. On ne manifeste pas toute l’hérédité concentrée dans l’ADN et dans ce que nous appelons le génome. Étant donné que le génome est si large et quantitativement si varié et nombreux, nous pourrions dire que presque tout est programmé, sauf la spiritualité qu’il y a dans l’être humain, à la différence d’autres êtres vivants de l’échelle biologique. Nous pensons que l’être humain peut choisir ses programmes ou une partie de ses programmes. Prenons l’exemple d’une personne qui met l’accent sur son être spirituel et intérieur plutôt que sur son être biologique. Elle peut faire évoluer sa maladie de façon différente. Il y a des maladies qui conduisent à la paralysie à un âge relativement jeune (par exemple l’arthrite auto-immune grave), mais cela peut être évité dans certains cas, par la volonté ou la détermination du patient.
A. : Jusqu’où peut-on retrouver des éléments d’hérédité dans le génome ?
T. A. : Pour le moment, on ne connaît pas le génome complètement, mais on sait que toutes les possibilités y sont contenues. Il y a une différence entre le génome et l’expression du génome. Il existe de nombreux programmes dans le génome qui en permettent une large variété d’expression, ce qui nous donne un espoir de l’évolution biologique, psychique, mentale et subtile ou spirituelle de l’être humain. Sur les millions de gênes, on n’exprime que 10 à 20 %.Dans l’Institut Pasteur, par exemple, il y a un laboratoire qui investigue sur l’expression des gènes eucaryotes (propres à tous les organismes vivants qui ont l’ADN dans un noyau cellulaire, comme les mammifères et l’être humain).
A. : Quelle est la clé de l’évolution ?
T. A. : Il s’agit de la conscience et de son expression à travers la volonté dans l’action. Les idées claires, les sentiments purifiés et élevés et les actions harmonieuses et justes conduisent à une évolution en spirale ascendante, suivant presque le mouvement en hélice de l’ADN. Dans ce sens, l’évolution humaine peut durer toute la vie, car elle dépend plus de l’intériorité et des plans subtils de l’homme que de l’extérieur et du plan physique qui est assujetti à l’usure et au vieillissement. On parle de nos jours de plus en plus du développement d’une médecine et d’une biologie de la conscience et cela nous indique une bonne piste de réflexion pour le futur.
Propos recueillis par Fernand Schwarz
(1) Voir articles sur Darwin dans la revue Acropolis n° 212 (2) L’acide désoxyribonucléique est une molécule retrouvée dans toutes les cellules vivantes, qui renferme l’ensemble des informations nécessaires au développement et au fonctionnement d’un organisme. Il porte l’information génétique et constitue le génome des êtres vivants. |
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